GSL VOILE

GSL  VOILE

STAGE HAUTURIER 2017

Du samedi 13 au vendredi 19 mai  2017

De Cap Cerbère à Cap Camarat. - 520 miles en 6 jours.

 itinéraire hauturier.jpg

 

Objectif de ce programme particulier : 1 semaine de navigation non-stop en essayant de profiter au mieux des conditions météo. 

 

Samedi 13 mai :

 Avant de partir les prévisions nous laissent le choix et nous appareillons finalement du port de Bandol à 15h en direction de la frontière franco-espagnole pour changer de notre destination habituelle qu’est la corse. Dans l’après-midi nous envoyons le spi mais le vent tourne vite avec l’arrivée d’une masse nuageuse et son air frais.  

 Le soir plusieurs petits (jeunes ?) dauphins se joignent à nous pendant quelques minutes, cela compense moralement l'amarinage un peu difficile pour certains, probablement dû au départ direct en hauturier.

 

dauphin.JPG dauphin 2.JPG

 

 Les quarts sont organisés de la façon suivante,  nous sommes 2 éveillés en permanence et nous nous relayons 24h/24 pendant 3 heures. La prise de quart commence par la navigation sur 1h30 puis se poursuit à la barre les 1h30 suivante. La plupart du temps nous allons ensuite recoucher.

 

Après 27 heures de traversée et 129 miles :

 Nous arrivons en fin d’après-midi dans la baie de Garbet, côté espagnol. Le temps d'un t-punch et de prendre pour changer un diner consistant et confortable.

 

Nous repartons 2 heures plus tard :

 Remontée en direction de Cap d’Agde. Le vent d’ouest s’orientera progressivement nord durant cette nuit et jusqu’à 4 beaufort. Il est particulièrement  agréable de barrer avec les étoiles comme repère, même s’il faut parfois se tordre un peu le cou, mais je préfère cela au compas artificiel. Nous arrondissons d’un cap 25° au départ pour passer 45° puis vers midi un cap 90 alors que le vent d’ouest revient.

 Nous en profitons pour envoyer le spi mais un cargo arrivant par notre travers nous oblige à l’affaler. Nous continuons plein Est en apercevant les côtes et passons au large de Fos sur mer puis au large du Planier situé au niveau de Marseille. Cette longue journée de navigation  nous mènera finalement dans la baie du langoustier à Porquerolles ou les moins frileux se baignent avant un  repas en commun et au calme. L’après-midi le vent faiblit et la pétole s’installe.

 drisse.JPG

A la recherche de la drisse ...un peu trop haute.

 

Patience jusqu’à mercredi 10h :

Enfin arrivée provisoire d'un force 3 orienté nord et nous passons devant la plage de Pampelone. Malheureusement le vent retombe et nous nous rendons à l’évidence que la croisière gastronomique parfaite tapas pizza bouillabaisse (Espagne Italie Marseille) est partie remise. Nous passons le soir au port de St Raphael pour faire les pleins et jeter les poubelles, avant d’aller au moteur mouiller à l’est de St Raphael dans la baie Aguay. Cela sera à notre regret le point le plus à l'est de notre périple, adieu les iles de Lérins et les spécialités Italiennes.

A la veille de l'ouverture du festival de cannes nous croisons quelques beaux yachts, la plupart étant sous pavillon hollandais. Nous avons également vu au loin l’immense Royal Clipper, le plus grand voilier jamais construit, 5 mats et 42 voiles !

Annonce d'un vent d’est pour jeudi avant mistral :

 Le mistral devrait arriver la nuit suivante dans les bouches du Rhône. Nous décidons d'en profiter et de revenir en direction de Marseille pour aller le plus loin possible et se retrouver Mistral arrière pour la dernière ligne droite.

Jeudi pour notre aller vers Marseille nous hissons le spi à partir du Cap Lardier (4-5Bf)  pour le garder une bonne partie de cette superbe journée.

 Nous passons par la grande passe au large de Porquerolles, devant le Cap Cissié puis le bec de l’aigle. La nuit tombe avant d’arriver à l’île de Riou et comme d’habitude nous anticipons la fatigue due aux quarts de nuit en nous couchant tôt.

 Le mistral arrive vers minuit comme prévu, par une brève bascule de vent d'est/ nord-ouest. Jean Paul et Pierre passent sans changer de cap de grand largue au près et prennent un second ris, le premier ayant été pris à la tombée de la nuit. Ce vent fort transforme au près notre So379 et il n’est plus possible de dormir sans tomber sur mon voisin. Cela m’empêche de dormir bien avant la prise de mon quart (ça tape bien dans la cabine avant). Mon quart me fait prendre le premier bord de près de nuit, avec le vent et la pluie quasiment de face, ça réveille bien mais difficile de voir clairement car tout bouge. Nous prenons la décision d’affaler la grand-voile pour entamer le retour en direction de Bandol. A partir de ce moment nous ajusterons la surface du génois en fonction de la force du vent. Je vois la masse sombre du Frioul que nous avons dépassé dans la rade éclairée de Marseille, et nous nous mettons grand largue pour en sortir. La position essoreuse est enclenchée vers 2h du matin, il pleut beaucoup à un moment pendant lequel je suis navigateur et je vais provisoirement me réfugier à l'intérieur, laissant Sylvain seul à la barre. Je la reprend, encore  sous la pluie, en sortant de la rade de Marseille. Les haubans sifflent fort même en vent arrière et nous nous faisons copieusement secoués par l’amplitude importante les vagues, cela laisse un souvenir marquant.

 Je perds les rares repères visuels au loin car la pluie fait disparaitre le halo lumineux qui était présent au-dessus des côtes. Il ne reste de visible que l’écume blanche des vagues me rattrapant éclairée par les feux avant, et le compas. L’écran tactile du GPS ne fonctionne quasiment pas avec la pluie, l’écran bouge beaucoup et les chiffres sont petits... Pas simple d’être navigateur et ça ne l’est pas moins pour le barreur, l’un d’entre nous sera projeté latéralement par terre alors qu’il était à la barre. La table du carré se retrouvera également pare terre ! Bien content d’être relevé, je me réveillerai alors que nous nous apprêtons à entrer au port de Bandol. Il fait jour depuis 3 bonnes heures.

Pour les nuits, la personne dormant dans le carré coté bâbord est souvent celle qui fera un des premiers quarts, il vaut mieux être dans une cabine car il y a moins de bruit (VHF, points toutes les heures et échange d’équipage).
  Il m’est arrivé de dormir habillé du  bonnet aux bottes dans le carré côté bâbord pour avoir chaud et surtout être prêt rapidement. S’habiller rapidement pour aller au ski (collant, bottes, combinaison, gants, couches chaudes, blouson, gilet) lorsqu’on se fait réveillé et avec la gite et la fatigue (et au départ du mal de mer !) me parait trop compliqué.

 Nous récupérons des quarts de nuit par des siestes en journée. Nous pouvons manger ensemble à midi et le soir. Les petits déjeuners sont pris individuellement ou par petits groupes, de 4 heures du matin à plus de 11h ! Nous nous couchons à partir de 21h.

 Au final nous préférons manger dans des bols que dans des assiettes, la prise en main est sûre lorsque ça gite (il y a un rebord) et c’est plus simple à laver. Pour économiser l’eau nous faisons la vaisselle uniquement dans des seaux d'eau de mer.

 Naviguer en continu permet de mieux connaitre la météo de la méditerranée, les différences s'enchainant. Nous avons vu plusieurs fois des dauphins de taille différentes en hauturier entre Marseille et l’Espagne.

 

Les caractéristiques de cette semaine :


Départ samedi 13 mai 2017 à 15h, arrivée vendredi 19 à 9h.

Vent de 0 à 30 nœuds.
Etapes majeures :

- Distance maxi sans s’arrêter : 201 miles et 45 heures. Bandol - Calla (anse) Garbet (10 M sous cap cerbère) - Porquerolles de 15h samedi  à 12h30 lundi.
- 150 M de Jeudi 6h à vendredi 9h en 27 heures. Baie d’Agay - ouest Frioul – Bandol.
- 40 litres de carburant.

- Nous toucherons terre seulement pour faire les pleins et laisser les poubelles.

- Gestion de l‘eau : Le lavage de la vaisselle à l’eau de mer est largement suffisant.

 

Un dicton à retenir : Lorsqu’on est en vent arrière et que ça siffle fort dans les haubans, c'est qu’il y assez de vent !

 

L’équipage était composé du chef de bord Pierre Bury et des équipiers Anne Christelle Cali , Sylvain Balay, Christophe Ferrieu, Boris Havard, Jean Paul Goulème et Fabrice Monnet.

 

equipage.JPG

Merci à Pierre !

 

Compte rendu de Fabrice.



07/06/2017
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 502 autres membres